
Passionné de croisière
Expert en croisières depuis plus de 20 ansCivitavecchia est le port de Rome depuis l'Antiquité, sous l'empereur Trajan. C'est aujourd'hui le premier point d'embarquement des croisières de Méditerranée, mais aussi une escale que des milliers de croisiéristes abordent chaque semaine pour une seule et bonne raison : rejoindre Rome. Tout l'enjeu de la journée tient dans cette équation — un port excentré, à environ 80 km de la capitale, et une ville-monde à découvrir en quelques heures. Voici, port par étape et site par site, ce qu'il faut savoir pour réussir cette escale.
Soyons clairs : Civitavecchia est un port immense et industriel où l'on n'aperçoit pas toujours son navire en arrivant, et où une navette est indispensable pour rejoindre la sortie. Rien de rédhibitoire, mais cela s'anticipe — c'est le seul vrai bémol de cette escale par ailleurs exceptionnelle. Le détail des quais, du terminal et des navettes se trouve sur notre page terminal de Civitavecchia.
À la sortie, deux navettes se présentent souvent : une navette rouge gratuite vers le centre-ville de Civitavecchia, et une navette verte payante vers la gare. La ville elle-même est à une vingtaine de minutes à pied, et la gare ferroviaire à environ 1,5 km du port (soit près d'un mile). C'est de cette gare que part la ligne directe vers Rome — le véritable point de départ de l'escale.
Le train est de loin la meilleure option. Les départs depuis Civitavecchia sont fréquents — environ toutes les demi-heures — et le trajet dure un peu plus d'une heure (autour de 1h15 à 1h20) pour seulement 5 à 7 € par personne. Il dépose les voyageurs à la gare de Rome Termini, en plein cœur de la ville, à distance de marche des grands sites ou du métro (la Metropolitana, signalée par un grand « M » rouge). Plusieurs croisiéristes racontent une journée entière à Rome pour environ 10 € d'aller-retour en train : un rapport qualité-prix imbattable.
Les alternatives existent mais coûtent plus cher. Le taxi met 1h30 à 2h selon le trafic, pour environ 150 $ l'aller ; à plusieurs, une course partagée peut revenir à quelques dizaines d'euros. Les compagnies proposent aussi des transferts en autocar et des excursions organisées — leur avantage décisif : si l'autocar rentre en retard, le navire attend. On trouve enfin de nombreux transferts privés ou partagés (à partir d'environ 79 $ en partagé, 124 à 157 $ en privé) réservables à l'avance.
Mon conseil de bon sens : prenez un train tôt le matin et gardez une marge confortable au retour. Des passagers témoignent d'un retour à Civitavecchia avec plus d'une heure d'avance avant l'heure limite de rembarquement — c'est exactement la marge à viser, car le navire, lui, n'attend pas les voyageurs indépendants.
Rome est une ville qui se parcourt à pied : dans le centre, l'essentiel des grands monuments, des places et des rues commerçantes se rejoint facilement. Impossible de tout voir en une journée — mieux vaut choisir un axe selon ses goûts. Côté antique : le Colisée (ouvert à 9h, fermeture entre 16h et 19h selon la saison), avec juste en face le Forum romain et le mont Palatin ; billets combinés, files plus courtes au guichet du Forum. Le Panthéon (du lundi au samedi, 9h-18h30), monument antique le mieux conservé, se visite dans la foulée, tout comme le Vittorio Emanuele, l'imposant monument de marbre blanc surnommé « le gâteau de mariage », place de Venise.
Côté Vatican : la basilique Saint-Pierre est gratuite (tous les jours, 7h-19h), les musées du Vatican et la chapelle Sixtine se visitent du lundi au samedi (9h-18h) mais l'entrée est payante et les files interminables — réservez vos billets à horaire en ligne pour ne passer que la sécurité. Pensez aussi à une tenue correcte (épaules et jambes couvertes) sans quoi l'accès à la basilique vous sera refusé. Ajoutez la fontaine de Trevi (ouverte 24h/24 — jetez-y une pièce pour revenir à Rome), la place d'Espagne et ses 154 marches, la Piazza Navona et le Campo dei Fiori, le quartier vivant du Trastevere, et pour les amateurs d'art la Galleria Borghese (Titien, Caravage, Raphaël — réservation indispensable). Ceux qui préfèrent l'insolite pousseront jusqu'à Ostia Antica, la « Pompéi de Rome », à environ 45 minutes.
Deux points de vigilance reviennent dans tous les retours : les grands sites (Colisée, Vatican, Trevi) restent bondés même hors saison, et les pickpockets sont actifs dans les bus et autour des monuments. Notez aussi que de nombreux musées ferment le lundi, et que l'été romain est écrasant de chaleur : le printemps et l'automne sont bien plus agréables.
Déjeuner en terrasse est une expérience romaine incontournable — la Piazza Navona, animée et joyeuse, en est le décor idéal, avec des adresses historiques comme le Tre Scalini. Mais la règle d'or, confirmée par tous les témoignages, est de fuir les restaurants situés au pied des grands sites : en vous glissant dans une rue secondaire, vous trouverez une cuisine meilleure et bien moins chère. Des croisiéristes racontent avoir payé un Aperol Spritz 6 €, une bouteille de vin blanc 11 € et de belles assiettes de carbonara ou de pâtes au pesto pour un total très raisonnable à deux.
Réservez le gelato aux bonnes adresses (les parfums pistache ou figue de barbarie valent le détour), prenez votre cappuccino le matin — la tradition italienne le réserve à l'avant-midi — et, pour un café de légende, poussez la porte de l'Antico Caffè Greco, ouvert depuis 1760. Côté shopping, les enseignes chics se concentrent autour de la Via Condotti et de la Via Veneto, les boutiques plus abordables sur la Via del Corso ; les souvenirs, eux, restent bon marché (cartes postales à 1 €, tote-bags autour de 12 €).
Les deux formules se défendent. La visite en autonomie, via le train, offre un rapport qualité-prix exceptionnel et une liberté totale : c'est le choix des voyageurs à l'aise avec les transports, qui préfèrent suivre leur propre rythme. L'excursion organisée, elle, rassure : transport pris en charge, guide, et surtout la garantie que le navire attendra l'autocar en cas de retard. L'offre est pléthorique au départ de Civitavecchia — tour de Rome en petit groupe (à partir d'environ 162 $), journée privée avec chauffeur (dès 480 $), formule VIP Colisée + Vatican (550 à 750 $), ou même excursion vers Pompéi et Herculanum (autour de 76 $). À noter : les excursions vendues à bord sont généralement plus chères que les prestataires locaux réservés à l'avance.
Si vous embarquez ici, mon conseil d'expert tient en une phrase : offrez-vous une nuit sur place la veille plutôt que d'enchaîner avion et bateau le jour même — Civitavecchia est une petite ville agréable et cela retire tout le stress du départ. Les modalités d'accès depuis l'aéroport, les quais et les navettes sont détaillées sur notre page terminal de Civitavecchia.
Le jour de l'embarquement, armez-vous de patience : trafic à l'italienne, horaires souples, files et tentes de contrôle font partie du décor. Le processus reste professionnel et bien organisé une fois passé le premier moment de confusion entre les différentes lignes de navettes. Arriver tôt et prévoir du temps change tout.
L'escale de Civitavecchia est l'une des plus gratifiantes de Méditerranée, à une condition : accepter qu'elle ne commence vraiment qu'à Rome. Le port est loin, vaste et sans charme, mais la Ville éternelle est au bout d'un train direct, fréquent et bon marché. Une journée bien organisée — billets à horaire réservés, départ matinal, marge de sécurité au retour — permet de voir le Colisée, le Vatican et les grandes places romaines sans stress. C'est une escale qui récompense la préparation et déçoit l'improvisation.
Bon voyage et à bientôt en mer !
Kamel Belgacem
Passionné de croisière
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